27 MAI : discours de Marie-Claire Arasa

Retrouvez ci-dessous le discours de Marie-Claire Arasa, maire adjointe, lors de la journée nationale de la Résistance



Mesdames, Messieurs,

Depuis 2013, tous les 27 Mai, la France rend hommage à la résistance anti-nazie. Jusque-là l’agenda national des commémorations l’ignorait. Cette date ne doit rien au hasard. C’est celle de la tenue, le 27 Mai 1943 de la première réunion du Conseil National de la Résistance. Au c½ur de la tourmente, la résistance unifiée, confiante dans l’issue, préparait déjà l’avenir. Son programme, des décennies durant, allait nous marquer par son audace sociale et démocratique. Malgré l’acharnement pour le détruire, encore aujourd’hui, il en reste quelques traces bénéfiques.

Les initiateurs de ce programme sont celles et ceux qui refusèrent de courber l’échine, quand Pétain pactisa avec Hitler. Ils resteront à jamais un exemple de droiture. Un symbole de courage. Un chemin de fraternité. Une leçon à méditer. Tout a été dit, écrit et montré sur l’épopée de la résistance. Sur ces épopées devrais-je même dire. Car c’est dans toute l’Europe occupée, ancrées sur leurs réalités nationales, que des résistances se créèrent. Ce fut donc partout le même combat pour extirper la bête immonde. Son anti-sémitisme viscéral. Son obsession des identités. Son ultra-nationalisme guerrier.

Dans ce cadre, songeons à l’héroïsme des Allemands anti-nazis. C’est pour eux, dès 1934, que furent ouverts les premiers camps de concentration. Jusqu’au sein même de l’armée, des milliers d’Allemands anti-fascistes résistèrent. Autant dire que ceux-là, quand la Gestapo leur mettait la main dessus, c’était l’assurance qu’ils finissent sur un croc de boucher ou décapités. Ils le savaient. Mais ils n’ont pas reculé.

Et chez nous ? Imagine-t-on un instant ce que fut la montagne d’obstacles à soulever pour celles et ceux qui s’opposèrent aux nazis ? La France était sous le joug de l’occupant. Tous les grands corps de l’État collaboraient avec le régime de Vichy. Les partis politiques et les syndicats étaient interdits. La censure était féroce. Tout était contrôlé. Rien ne devait sortir du cadre imposé par la bestiale pensée fasciste. Les juifs étaient traqués. Les opposants étaient pourchassés par la milice et la Gestapo. Bref, la République et la patrie des Lumières avaient sombré. Car ne réécrivons pas l’histoire. Disons-le franchement : le peuple de France d’alors se partageait majoritairement entre fatalisme et apathie. Et pire, beaucoup soutenaient le régime de Vichy et la collaboration. La vérité nue est que les résistants furent d’abord une poignée. Isolés et dépourvus de moyens. Ils agissaient comme ils le pouvaient. Leur résistance était faite de bric et de broc. Quelques vieux fusils de chasse. De rares armes récupérées sur l’ennemi. De la peinture pour barbouiller les murs de slogans. L’impression clandestine de tracts. Ils n’étaient diffusés qu’à quelques centaines d’exemplaires. Mais leur contenu, de bouche en bouche, parvenait finalement à sensibiliser des dizaines de milliers de personnes.

Telle était la résistance en ses débuts. Une incroyable détermination et un courage inouï, mêlées à beaucoup d’improvisations, à peu de moyens et d’expérience. Mais c’est à partir de ça, de tous ces petits ruisseaux, que le flot allait s’élargir, devenir tumultueux et s’aguerrir. Au fur et à mesure, des réseaux structurés se mirent en place. En lien avec De Gaulle et les Français résistants installés à Londres, par d’incessants parachutages, les maquis reçurent la logistique à la hauteur de leurs besoins. La résistance devint alors une puissante force militaire unifiée au sein des FFI. Son rôle fut considérable, pour déstabiliser les arrières nazies, quand les troupes alliées débarquèrent sur les plages normandes.

Des noms illustres nous viennent naturellement à l’esprit. Ils sont régulièrement honorés. Et ce n’est que justice. Mais pour ceux-là, gravés dans nos livres d’histoire, combien d’anonymes oubliés, fusillés, déportés, torturés ? Combien de ces familles parisiennes qui ont eu le cran de protéger des familles juives persécutées. Combien de ces paysans dans nos campagnes hébergeant des résistants ? Combien de petits grains de sable d’ouvrières et d’ouvriers sachant faire ce qu’il fallait, pour gripper l’industrie de guerre des nazis. Songeons aussi à ces magnifiques cheminots qui menèrent une véritable « guerre du rail ». A ces intraitables mineurs du Nord/Pas de Calais. A ses solides gaillards de dockers. Tous ceux-là n’hésitèrent pas à désorganiser les transports, bloquer les ports ou ralentir la production de charbon. Jusqu’à déclencher des grèves. Le sait-on assez : c’est parmi ces trois corporations qu’on compte le plus de martyrs de la résistance.

Et puis je veux aussi parler des résistantES. L’image qu’on a d’elles, est celle d’estafettes acheminant du courrier de réseaux en réseaux. Certes elles ont aussi fait ça. Mais beaucoup, posèrent des bombes, sabotèrent, espionnèrent, furent parachutées et surent se taire sous la torture. Elles ont supporté des vies de clandestinité sous de fausses identités. Elles ont été des milliers à s’exposer. Souvent très jeunes, à l’image d’une Danièle Casanova, d’une Madeleine Riffaut, d’une Marie Claude Vaillant Couturier, Germaine Tillon, Geneviève de Gaulle ou d’une Angela Cabeza, cette figure résistante de Morsang.

Ces femmes ont choisi le chemin de tous les risques. Rien ne les prédestinait à devenir des combattantes de l’ombre. L’acte de résistance est d’abord, toujours, un acte intime. Il se décide en sa conscience propre. Mais la portée de cette décision, elle, est universelle. Dire : je me refuse à considérer qu’un humain puisse valoir moins qu’un autre. Je ne ferai rien qui puisse nier sa dignité. Je ne serai pas complice de ce qui avili ou asservi mes frères en humanité, est le moteur même de la marche du monde. Quand ces idées là s’empare de la conscience collective, alors, à terme, rien ne peut l’arrêter. Cela vaut en tous lieux et en tous temps. De Spartacus à Toussaint Louverture, d’Olympe de Gouges à Mandela, de Lucie Aubrac à Guy Moquet, l’histoire n’est rien d’autre qu’une longue suite de résistances en actes. Et pour aujourd’hui prenons garde. Prenons garde de ne pas sous estimer l’ampleur des dangers. Danger quand l’extrême droite islamiste veut nous soumettre à son règne de terreur, comme on vient de le voir à Manchester. Danger quand, en France, l’extrême droite tout court en profite pour se refaire une santé en propageant son fiel raciste et ses haines éculées. Danger quand la fraternité et l’égalité sont battues en brèche par le chacun pour soi et le tous contre tous. Danger face à toutes ces détresses sociales qui minent ceux qui les subissent autant qu’elles minent l’idée même de la solidarité et de l’entraide.

Aujourd’hui c’est à cela qu’il faut résister. C’est ici et maintenant que l’avenir s’écrit. Certes, rien de comparable avec ce qu’ont connu nos aînés durant l’occupation nazie. Mais qui peut prédire que, plus jamais nous ne vivrons une situation extrême ? Alors pour s’en prémunir, la seule arme de résistance à notre disposition c’est d’agir pour la fraternité et pour l’égalité. C’est quand elles sont piétinées que tout va mal. C’est quand elles sont cultivées que tout va mieux. Ce combat là mesdames et messieurs, dans les pires conditions de barbarie, nos aînés résistants anti-nazis l’ont gagné. A nous de reprendre le flambeau. Soyons à la hauteur de nos responsabilités. Soyons dignes de ce pourquoi ils se sont battus et sacrifiés.



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